Carnet argentin

Buenos Aires – été 2018

En chemin, on rencontre un Argentin venu visiter l’un des bateaux à quai. La conversation atteint rapidement le « point Godwin argentin » (appelons-le le « point porteno ») : celui des origines de la personne. Je reste toujours scotchée quand mon interlocuteur, rencontré deux minutes plus tôt, se prend à me parler de ses ancêtres un peu comme on détaillerait une recette de gâteau : « Je suis 25 % polonais par mon grand-père paternel, ma grand-mère paternelle était italienne et argentine, mon grand-père argentin du côté de ma mère et ma grand-mère maternelle à moitié espagnole et à moitié portugaise ».
Un pur produit de Buenos Aires !

Août 2018, à Puerto Madero

A la Feria de Mataderos

La feria de mataderos (ou « fête des abattoirs », car c’est dans l’ancien quartier des abattoirs bovins de Buenos Aires que se déroule l’événement) rassemble depuis plus de trente ans et chaque dimanche des milliers d’Argentins et de touristes autour de la statue d’un gaucho qui domine avec un bel aplomb une place toute aussi belle. De 11 à 20 heures se succèdent des groupes de musique et de danse dont le point commun est d’être issus du « folklore », c’est-à-dire des traditions nord-argentines, imprégnées de la culture « gauchiste ».

A la feria de mataderos, on danse la zamba et la chacarera, on vient en arborant son costume de gaucho et ses plus belles bottes de cuir, on avale des humitas et des tamales (spécialités à base de maïs). D’innombrables pièces de viande se succèdent sur les parillas – les grilles qu’il ne faut surtout pas appeler « barbecue », attention – enfumant public et danseurs dans un halo hyper-protéiné.

Les invités du jour sont boliviens. Leurs costumes tout en sequins et en strass détonnent à côté des tenues plus sages des Argentins. L’ambiance est assez incroyable et le soleil brille (on est en août, l’équivalent de notre mois de février) au moins autant que les yeux des danseurs.


Les bondis

Ah les incomparables « bondis » (« bus » en lunfargo, c’est à dire en argot de Buenos Aires). Je ne suis pas parvenue à les détester. Et pourtant il y avait de quoi : climatisation poussée à fond, dos d’âne passés à toute berzingue, arrêts vaguement indiqués par des bouts de carton agrafés aux lampadaires, descente du bus en marche, itinéraires qui changent du jour au lendemain, absence d’horaire…


Une après-midi à La Boca

Les maisons de ce petit bout de quartier sont éclatantes mais aujourd’hui remplies de restaurants pour touristes et de boutiques de souvenirs. Un Buenos Aires d’Epinal, situé au milieu d’un quartier portuaire très populaire dont certains pans tiennent de la « villa » (prononcer « bicha », à l’argentine), du bidonville.



Nord Argentin – hiver 2017

En route vers Salta

La route entre Salta et Cachi était incroyable : nous avons commencé par traverser des champs de tabac à la sortie de Salta avant d’entamer une montée de deux heures, passant de forêts verdoyantes à 1400m d’altitude à des champs de cactus désertiques à plus de 3400m. Nous avons aussi emprunté, l’espace de quelques kilomètres, la mythique « Ruta 40 » qui part d’Ushuaïa, à l’extrême Sud du continent.

Cachi est un petit village aux murs blancs : c’est éblouissant, sans mauvais jeu de mots. Comme dans beaucoup de villes argentines, le pueblito est construit autour de la Place 9 de mayo. Une petite église s’y trouve, dont le toit et le confessionnal sont construits dans le bois très clair des cactus. Dans les rues, les cactus en pot côtoient des chaises en bois collées contre les murs immaculés des habitations et l’on s’imaginerait bien s’y asseoir pour boire un maté en regardant passer la vie.