Carnet espagnol

Entre Bilbao et La Corogne – été 2019

« Tu vois, il est 22h : en Espagne, c’est l’heure où tout le monde mange
et en Bretagne, c’est l’heure où tout le monde dort. »

La maman d’Arsène à son petit garçon

A Hondartza Atxabiribil

8 août – Camping de Sopela, à une trentaine de minutes en métro de Bilbao

Nous voilà arrivés tout droit dans une pub pour la marque Quicksilver ! Tatouages sur les mollets, bracelets brésiliens autour des chevilles bronzées, playlist reggae tournant en boucle au café du camping… Et ça continue sur la plage, où les écoles de surf succèdent aux écoles de surf.

Plus loin, une petite dame lit son livre, assise sur un rocher. Imperturbable.

L’eau est fraîche (« C’est comme ça qu’on aime notre mer ! » affirme crânement une pub pour la bière du coin) et cristalline mais les gros rouleaux qui se fracassent sur le sable sans discontinuer découragent les baigneurs de s’aventurer trop loin. Tant pis ! Quitte à prendre des coups de soleil et à perdre son maillot dans les vagues (n’a pas la classe du surfeur qui veut…), on a 10 ans le temps d’une journée et c’est drôlement bien…


Se saouler (au cidre) au bar du camping

Nous voilà avec notre première bouteille de cidre de la soirée – qui s’annonce longue… – après avoir constaté que 4 tentes sont en train de se monter à moins de deux mètres de la nôtre, que nous sommes à cinq kilomètres à pied du plus proche bled décent (par la départementale et sans voiture) et que les commentaires concernant le camping où nous restons les deux prochaines nuits sont tous plus affreux les uns que les autres : « Les emplacements les plus petits d’Espagne !! », « Pas habitué à dormir à moins de 5cm de mon voisin », « Anarchie complète », « Les arbres volent le peu de luminosité qu’il restait sur le terrain », « Avec un peu de chance, vous dormirez à deux mètres de la route » …

… Rencontre à 22h avec une famille rennaise attablée à côté de nous (point alcoolémie : bouteilles de cidre : 2 – 2 bouteilles de bière) qui nous apprend que nous serons réveillés dès 5h30 par les hurlements des loups du zoo d’à côté…


Une nuit (au sec) à Cue

Pluie continuelle, sous toutes ses formes : averses, crachin, bruine, accalmie et on remet ça. On pique-nique à l’abri d’une église en attendant notre bus pour Llanes. Jolie route côtière qui nous fait passer la frontière asturienne en donnant à voir les premiers reliefs des « Picos de Europa ».

Arrivée à Llanes sous des trombes d’eau. Pour rallier Cue, petite bourgade située à quelques kilomètres où nous avons réservé une pension de famille pour la nuit, nous décidons de faire du stop. Un monsieur s’arrête rapidement et nous demande immédiatement « Peregrinos ? » : première question des gens du coin…

18h : arrivée dans une pension de famille (très) (trop ? ) tranquille où l’adjectif taiseux n’est pas un vain mot. La patronne nous mène dans notre petite habitacion que nous prenons vite d’assaut : première nuit au sec depuis une semaine, il faut que tout sèche !


Quitter Santillana

Vers 12h, on quitte notre camping de Santillana, ses nuits pluvieuses et ses pâtes carbonara surgelées à 5€ l’assiette, pour une randonnée qui doit nous mener vers l’Atlantique. On emprunte sur quelques kilomètres le « chemin de Saint-Jacques » (de Compostelle bien sûr) qui nous conduit sur la côte. Si les triskells et les « sidrerias » (cidreries) avaient été l’occasion de rappeler le cousinage entre la Cantabrie et la Bretagne ou l’Irlande, cette randonnée a achevé de le confirmer. Le ciel, tout en nuances de gris (et de bruine), la mer moutonneuse, le lichen qui lèche les rochers, le granit à perte de vue… On arrive finalement sur une petite crique qui abrite l’ermitage de Santa Justa, petite masure camouflée au creux d’un mur de roche battu et rebattu par les vents.


Quelques pages du carnet