L’odeur des embruns

Sept illustrations mêlant peinture et collage, inspirées par l’odeur de la mer, le bruit des vagues et la sensation du vent dans les cheveux.

Réalisées en techniques mixtes à partir de vieux guides de voyage,
de petits papiers oubliés et d’un savant mélange de matières (acrylique, aquarelle, crayon graphite) sur un papier 180g/m² au format 21 x 29,7 cm.

Existent en version originale et en reproductions limitées



« Marcel et les autres »

Marcel, c’est mon grand-père, mon papy. J’ai passé dans sa maison de Damgan, en Bretagne, de nombreux étés, très probablement même mon tout premier. L’une des grandes activités de nos vacances, c’était la pêche à pied sur la plage qui se trouvait à quelques centaines de mètres de la maison. Quand la mer s’éloignait suffisamment, nous enfilions bottes et cirés avant de courir remplir nos paniers d’huîtres, de moules, de coques, de palourdes. Ma pêche préférée, c’était la pêche aux couteaux. Il fallait user de ruse (et d’un peu de gros sel versé dans son trou) pour faire croire à l’innocente bestiole que la marée remontait et qu’il était l’heure de sortir. Dès que le bout de son nez pointait, il fallait l’empoigner vivement, le déloger, et le glisser dans le panier, avec ses congénères. C’était aussi cruel que drôle. Sur la plage, à perte de vue, tout le monde adoptait des postures étranges : accroupi, jambes écartées, genou à terre – derrière en l’air et mains dans la vase ! On avait mal aux jambes mais on rigolait bien et une fois les paniers remplis de coquillages et recouverts de goëmon, plein de sable, de sel, de vase, on rentrait à la maison.

« Marcel et les autres » est un clin d’œil aux grandes marées, aux paniers trop lourds, au sable dans les bottes.


« L’envolée »

« L’envolée » est née dans un appartement grenoblois, au printemps 2020, alors que la mer et les grands espaces ne m’avaient peut-être jamais autant manqués. Derrière mes fenêtres confinées : d’autres fenêtres, des toits, des immeubles, des murs. Un horizon barré. En quête d’évasion, j’ai alors trouvé refuge dans les livres, romans et imagiers. Au détour d’un vieux livre de photographies sur la Bretagne, ces mouettes ont attrapé mon regard. Je voulais raconter la liberté, le vent, l’horizon, l’océan à perte de vue.

Alors j’ai pris mes ciseaux, et avec mes pinceaux j’ai donné à ces oiseaux l’environnement dont je rêvais : « L’envolée » était née !


« Ouessantines »

Été 2020. Séjour sur l’île d’Ouessant. Je suis frappée par les couleurs, les matières. Le blanc des maisons, en particulier, s’imprime dans ma rétine. ll faut dire que le contraste est saisissant avec les toits d’ardoises anthracites, les tonalités bleu-gris du ciel, l’ocre de certains bosquets, le sable. Je visite l’écomusée d’Ouessant, une maisonnette traditionnelle laissée en l’état, et m’étonne de découvrir un intérieur bien plus lumineux que ce que l’austérité de sa façade en grosses pierres pouvait laisser imaginer. Dans la maison, le bois utilisé pour délimiter les pièces en l’absence de murs, est d’un bleu ciel déconcertant. J’apprends qu’il s’agit de bois récupéré sur les épaves de bateaux, repeint de ce bleu doux et lumineux qui est la couleur de l’île. Je découvre, à côté des habituels lits-clos, des collections de porcelaine de Chine, des épices, de délicats plateaux de service incrustés de plumes de perroquets, de vieilles bouteilles de Rhum : souvenirs ramenés à leur famille par les marins ouessantins qui embarquèrent nombreux dans la « marchande ».

« Ouessantines » parle de ces endroits familiers qui n’attendent que notre attention pour révéler leurs histoires insoupçonnées.


« Ar-men »

Je porte un attachement tout particulier aux phares – un attachement bêtement romantique. J’aime les noms tragico-bibliques que le temps leur a donné (« enfers », « paradis », « purgatoires »), leurs silhouettes très graphiques quand elles sont striées de noir ou de rouge, leurs escaliers en colimaçon qui donnent des fourmis dans les jambes.

J’ai eu la chance d’en voir un certain nombres, et même de monter les escaliers de certains : Phare des Poulains à Belle-Île, Phare de la Jument et du Créach à Ouessant, Phare de Ploumanac’h, Phare d’Eckmüh, Tour des Anglais, Phare des Baleines sur l’Île de Ré, Phare de Cordouan mais aussi Tour d’Hercule en Galice, Neist Point sur l’île de Skye en Ecosse… mais je n’ai encore jamais vu Ar-Men, au large de l’île de Sein. Un jour, j’espère. En tout cas, c’est plus fort que moi : quand je vois un phare, mon imagination prend le large !


« Nerodine »


« Les p’tits bateaux »


« Vers la pointe du Van »