« de 1 à 54 » – une carte participative de la rue très-cloîtres

Une cartographie sensible et participative de la rue, conduite avec Lucie Boeglin et les habitant-es du quartier

Démarche

Cette création cartographique menée en 2025 mêle travail de collecte et expérimentation plastique, pour donner à voir d’une part l’histoire de l’occupation des locaux situés en rez-de-chaussée de la rue Très-Cloîtres et d’autre part les vécus, subjectif, affectif, personnel ou commun, de cette rue grenobloise. Elle a été initiée avec Lucie Boeglin et développée dans le cadre du « Cabinet de Curiosités des histoires du quartier », porté par la Cie Scalène.

Une quarantaine de participant-es a contribué à la création de la carte au fil des cinq ateliers proposés à l’été 2025. La carte a été présentée pour la première fois en octobre 2025 pour l’inauguration du festival « Ouverture Exceptionnelle ». Elle continue d’être exposée au Cabinet de Curiosités, situé au 26, rue Très-Cloîtres à Grenoble.

Crédit : Alice Raconte

Intention

Ce travail s’est tissé autour de plusieurs envies : mener une démarche sociale de quartier, expérimenter une façon de raconter le territoire et véhiculer les paroles en mobilisant les arts-plastiques. A partir de nos domaines respectifs, la géographie et l’illustration, et de démarches déjà menées dans le quartier, nous avons choisi la carte comme outil commun.

Les numéros de la rue Très-Cloîtres s’étendent du 1 au 54 et les rez-de-chaussée ont connu des vies foisonnantes liées aux activités d’artisanat et de commerce qui s’y sont succédé. Notre intention a été de retracer l’historique de l’occupation de ces lieux sous la forme d’un inventaire sensible, dressé par les personnes qui y habitent / y ont habité, y travaillent / y ont travaillé…

A ce titre, nous avons choisi de détourner les codes de la carte géographique «classique», autant dans le fond que dans la forme, pour créer une carte sensible et participative de la rue. Elle vise à montrer des réalités multiples de ce quartier en tissant les histoires, les mémoires certaines, les souvenirs flous, les questions en suspend, les anecdotes qui semblent avoir été vécues hier et les observations d’aujourd’hui.

Crédit : Alice Raconte

Écouter les voix de la rue Très-Cloîtres

Dans le cadre du festival Ouverture Exceptionnelle et grâce à Marie Perrier et Nisrine Chiba de Radio Campus Grenoble, la carte est devenue sonore ! Un grand merci à elles pour l’enregistrement et le montage de ces capsules, ainsi qu’à celles et ceux qui ont prêté leur voix pour donner à entendre les souvenirs de la rue. Pour prolonger la découverte du quartier, découvrez « Du côté de l’Alma », les émissions enregistrées par Radio Campus et le festival Écoute(s) dans leur studio éphémère, Traclout’radio, avec les habitant-es et structures du quartier.

Numéro 7

Numéro 54

Méthodologie

Dans une démarche participative, nous avons mené cinq ateliers ouverts entre juin et juillet 2025, dans et devant le Cabinet de curiosités du 26, rue Très-Cloîtres. Les trois premiers ateliers ont permis de collecter les «données » auprès des passant-es et des commerçant-es de la rue. Les deux ateliers suivants ont eu pour but d’initier la création plastique de la carte (peinture, collage, broderie…) à partir des envies et des savoir-faire habitants. Nous avons toutes les deux poursuivi et finalisé la création de la carte à l’automne 2025.

La démarche que nous avons choisie est expérimentale : il s’agissait avant tout pour nous de partir des présences, des paroles, des pratiques… rencontrées au fil des ateliers. Le processus de création prenait donc sens en étant ouvert et remodelé au fur et à mesure des rencontres.

Une carte géographique est toujours située. En s’inscrivant dans une approche sensible de la cartographie, nous avons à cœur de souligner qu’elle s’ancre dans un travail de souvenir, tributaire des personnes rencontrées ou non, des vécus que l’on a accepté de nous confier ou non, de la mémoire qui parfois vacille. Nous avons tenu à être les plus fidèles possibles aux paroles partagées tout en étant « contraintes » de faire entrer des histoires narrées, parfois récit-fleuve, dans un système de classification et de cases lié à l’enjeu de représentation des informations, pour qu’elles soient partagées et comprises.

La transmission, le mouvement, la déformation sont des dimensions particulièrement présentes dans la carte. La transmission se retrouve dans les souvenirs entre les générations ou entre plusieurs individus, entre les
souvenirs et le temps qui passe et entre ce qui nous a été transmis et ce que nous avons compris, perçu, retenu des données (localisation précise des lieux, chronologie des événements, orthographes de certains noms). Ainsi le biais, l’erreur, l’incompréhension, le remodelage font complètement partie de ce que vous, lecteur-ices pouvez lire de la carte.

Quelques informations pratiques

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