Les petits papiers

Écrire et illustrer le récit d’un collectif qui dénonce les violences administratives

Contexte

A Grenoble et depuis plusieurs années déjà, il est possible de prendre rendez-vous avec une écrivaine publique à vocation sociale. Ces agentes de la ville accompagnent les habitant-es dans leurs démarches administratives, pour lutter contre le phénomène de « non-recours » aux droits sociaux. Avec les demandes d’accompagnement administratif viennent aussi le partage de souffrance, de détresse, d’incompréhension face aux procédures. Pour reconnaître l’impact psychologique de ces démarches et combattre le sentiment de solitude, l’écrivaine publique de la Maison des Habitant-es Les Baladins décide en 2015 de mettre en place un groupe de parole aux côtés de la psychologue du Point écoute. 

Au fil des cafés et des discussions, les membres du groupe partagent leurs vécus, réalisent qu’ils et elles ne sont pas seul-es, décident de faire collectif pour témoigner. Le groupe choisit de prendre le nom des « Petits Papiers ». Pendant plus de dix ans, ses membres s’engagent au travers d’une exposition, de la création d’une pièce de théâtre, de participation à des colloques sur le non-recours aux droits… 

Jusqu’au jour où se pose une question : « Et si on faisait un livre ? »

Crédits photographiques : Clémence Floris – Studio Lichen

4ème de couverture

Il était une fois, le collectif des Petits Papiers.
Une histoire vraie, authentique, qui témoigne des joies et souffrances vécues.
Une histoire qui va vous faire traverser toutes sortes d’émotions.
Une histoire sans fin, mais un chapitre qui se referme sur les 10 ans de vie du collectif les Petits Papiers.
Un livre qui s’adresse à toutes et tous, y compris les associations et institutions d’accès aux droits.
Pour se sentir moins seul·e,
pour sensibiliser à la question des violences administratives,
pour réaffirmer le besoin d’accompagner dans les démarches,
pour faire preuve d’empathie envers toutes et tous, bénéficiaires comme professionnel·les de l’accompagnement.
Ce livre est un hommage au collectif, pour se rappeler les épreuves de la vie, mais aussi et surtout du soutien, du réconfort, de l’aide apportée par et dans le groupe.

Bonne lecture,

Les Petits Papiers.

Processus de création

Du premier café partagé avec les membres du collectif en septembre 2025 à la présentation publique de l’ouvrage le 27 mai 2026, la création du livre s’est étendue sur 9 mois.

1. Construire une équipe

Le livre est une commande de la Maison des Habitant-es (MDH) Les Baladins / Ville de Grenoble, formulée suite à la proposition du groupe. Aux côtés des membres des Petits Papiers et de l’équipe de la MDH, le travail a été conduit à quatre mains avec Clémence Floris, qui a assuré la réalisation des portraits photographiques et la création graphique du livre.

2. Collecter les témoignages

Le projet a commencé par la réalisation d’entretiens individuels avec les membres du groupe, pour recueillir leurs paroles. J’ai souhaité partir de leur histoire de vie et de leurs expériences en lien avec les administrations, pour construire un récit sensible, ancré dans le vécu. J’ai aussi interrogé l’écrivaine publique actuellement en poste afin de présenter cette fonction. Enfin, un atelier collectif a été mené avec le groupe pour se remémorer ensemble l’histoire des Petits Papiers, de sa création jusqu’à aujourd’hui.

3. Écrire les portraits

Les paroles recueillies ont nourri la création du livre à plusieurs niveaux. Elles ont d’abord permis l’écriture de portraits des membres du groupe. Six portraits, accompagnés de photos, jalonnent le récit pour proposer une rencontre avec chacun-e des membres des Petits Papiers.

4. Écrire le livre

Anonymisés et réunis par thématiques, les témoignages viennent irriguer le récit qui – au-delà de l’histoire du collectif des Petits Papiers – ambitionne de faire un état des lieux de l’accès aux droits en France et des inégalités systémiques qui touchent plus durement les personnes précaires. Les travaux de l’ODENORE et du Secours Catholique ont ainsi largement nourri l’écriture. On trouve aussi au fil des pages des exemples de courriers administratifs reçus par les membres du groupe, ainsi que certaines de leurs créations (notamment conçues dans le cadre d’ateliers d’arts-plastiques et d’écriture).

5. Illustrer

Les illustrations du livre sont de deux natures :
– des dessins au trait, qui représentent (sans chercher à les identifier) les membres du groupe, les salarié-es de la MDH, les habitant-es du quartier… pour animer le récit avec simplicité ;
– des collages réalisés à partir des motifs de l’intérieur des enveloppes, pour compléter les dessins en amenant un esprit graphique marqué : motifs géométriques, palette douce (couleurs pastels déclinées dans le reste de la maquette). L’idée était de transformer le support physique à l’origine des souffrances, de lui faire raconter une autre histoire.

Clémence Floris a accompagné ce travail d’illustrations par des portraits photographiques qui empruntent également à la technique du collage.

6. Mettre en page

Clémence a assuré la création graphique du livre. L’un des enjeux de la publication était son accessibilité ce qui a motivé plusieurs choix : taille de police plus grande que la moyenne pour le texte courant, styles de texte différenciés pour faciliter la distinction entre la narration et les témoignages, place accordée aux illustrations, mise en page aérée…

Crédits photographiques : Clémence Floris – Studio Lichen

Portraits des Petits Papiers

Crédits photographiques : Clémence Floris – Studio Lichen

Dans la presse

Crédits photographiques : Clémence Floris – Studio Lichen

Quelques informations pratiques

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